Une fois, petite, comme sept ans ou beaucoup moins, comme
quatre ou cinq, un truc d’enfantine, réunions de toutes les classes de la
région, blabla faire des trapèzes, deviner des trucs pour du chocolat… Fin d’année,
peut être, un truc comme ça. Bref. Et blabla, j’avais perdu tout le monde, dans
un village minuscule que je ne connaissais pas, j’avais faim, soif, envie de
rentrer, y’en a assez, trop de bruit, trop de soleil…je cherchais l’infirmerie, quelqu'un de sûre…et devant
moi, un garçon, sorti de nulle part. Du moins, je ne l’ai pas vu de suite. Avec
des popcorns. Sais plus ce qu’il a dit avec exactitude, et je ne sais plus non
plus les raisons qui m’amènent à en parler in the first place ici, ni en quoi c’est
important ; juste que j’ai eu la peur de ma vie, parce que, je pense, avec
le recul, n’en connaissant rien moi-même – compréhensible, normal, ce garçon
devait m’aimer. Comme ça. De l’amour, peut être pas ; …de l’intrigue, peut
être. Des gosses quoi. Et encore, pourquoi je parle de ça… ? J’ai dis non
(ses popcorns. non.), filé en flèche, trouvé quelqu’un, une maîtresse, trop de
bruits, trop d’enfants, la vie…
J’y ai repensé beaucoup, par la suite. Même pas je l’ai
regardé (trop de soleil, je voyais rien), vraiment regardé. Juste un peu plus
grand, des cheveux comme moi et des popcorns. Les garçons, ça ne partage pas
ses popcorns. Comme ça. Pour rien. Qui c'est, ce type ? Il me connait ? On doit se connaître, je le connais ?Je me disais ça. Je l'aurai vu, son visage, ses yeux, je m'en souviendrai, que ce ne serait pas un problème ; pas que ça le soit, ... juste un des ces chapitres brouillons que la vie nous offre de temps en temps quand on n'ouvre pas assez grand ses oreilles...
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