Partis nous sommes, sur nos mignonnes routes ensoleillées,
se gorger de nouveauté et découvertes. Tellement jolie, raffinée, douce,
profonde, élégante, qu’est la belle Suisse que j’en ai eu un début de sanglot
(à cause de mon rosé au soleil, pieds loin du sol. aussi.) ; comme les
coureurs qu’on dit dopés. Je ne dis pas que ce n’est pas le cas, juste que le
cerveau, le corps, vraiment, cette machine… Des hommes à vélo, y’en avait
pleins – courageux qu’ils sont, à gravir pentes, faux-plats et pentes
encore ; j’imagine, puisque je les trouve complètement fous, qu’ils
doivent y avoir trouvé une sorte de drogue, d’adrénaline de fin de course,
qu’on ne pourrait jamais comprendre, nous, vulgaires automobilistes. Et donc,
la vue, ce qu’on y a déniché des yeux… J’en ai des frissons. Je voulais
embarquer tout mes copains. J’en reviens aux cyclistes ; l’autre jour, je
suis devenue folle. Parce que, sans m’en rendre compte, je ne respirais plus
normalement, calmement – j’en ai eu la preuve, plus tard, dans la voiture, quand
enfin j’ai cessé de me noyer la gueule. Entre temps, je l’ai dis, j’étais
folle. Alors les cyclistes, leurs irrigation du cerveau… même pas que ça
m’étonne qu’ils aient la force, encore, de se trouver une cocotte, le soir
venu.
Vraiment c’était si beau. Rien que parce que c’était
nouveau. Et les couleurs, et les maisons, et le ciel, et les nuages comme on
les décrit dans les livres… J’avais envie de faire du kayak, un truc qui traîne
dans la famille, tellement envie que j’en avais mal aux côtes. L., il fait du
parapente, je lui ai demandé en quoi c’était différent, en quoi c’était pareil,
il dit que je serai contente d’avoir mon appareil photo, un vrai. J’aime bien le kayak,
j’aime bien qu’on me pousse et qu’on me tire, mon envie d’en faire était une
once poussée par la nostalgie, rien n’empêche que, mon Dieu, ces endroits, j’y emmènerai
mes enfants, et j’aurai l’impression, la certitude, d’avoir accompli ma mission
sur Terre.
Hier :
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